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Des marchés à l'heure de la Fed et des résultats de la tech
information fournie par Zonebourse 28/10/2026 à 08:30

Les principales Bourses européennes sont attendues en léger repli mercredi à l'ouverture, la prudence des investisseurs limitant la prise de risques face aux multiples rendez-vous de taille attendus au cours des jours qui viennent. A ce stade de la matinée, le CAC 40 est indiqué en recul d'environ 0,1%, le DAX accuse une perte théorique de l'ordre de 0,3% et l'Euro STOXX lâche un peu plus de 0,1% en cotations électroniques.

A quelques jours d'Halloween, l'ambiance n'est pas vraiment à la fête sur les marchés financiers, toujours confrontés à la persistance des prix élevés de l'énergie et à leurs implications négatives quant au niveau de l'inflation et de la croissance économique, une conjonction de risques qui rend les investisseurs nerveux.

Sur le marché pétrolier, le baril de Brent progresse de 1,8% à 115,9 dollars ce matin dans le sillage d'informations du Wall Street Journal selon lesquelles l'administration Trump aurait prévenu ses alliés dans le Golfe qu'une nouvelle opération militaire contre l'Iran se préparait après la tenue des élections de mi-mandat.

"Entre des coûts de l'énergie qui ne veulent pas baisser, le spectre de l'inflation qui refait surface et le scepticisme grandissant entourant la rentabilité des investissements colossaux réalisés dans l'IA : le cocktail devient franchement amer pour les marchés boursiers", souligne Andreas Lipkow, le responsable de l'analyse chez CMC Markets à Londres.

De son point de vue, il est peu probable que les principaux indices internationaux parviennent à repartir durablement de l'avant sans reflux notable des tensions inflationnistes ou, au mieux, une saison des résultats particulièrement réussie.

"Les investisseurs ont eu leur lot de mauvaises nouvelles à digérer la semaine passée, et les prochains jours ne s'annoncent pas franchement plus calmes", rappelle le stratège.

Si les marchés d'actions ont jusqu'ici plutôt bien résisté à la remontée des taux et au ton plus restrictif adopté par les grandes banques centrales, ils continuent de surveiller avec une grande anxiété l'évolution du discours des argentiers du globe.

"En l'état actuel des choses, les marchés se passeraient bien volontiers d'un nouveau tour de vis sur les taux", prévient Andreas Lipkow.

"Les investisseurs espèrent obtenir un peu d'oxygène du côté de la politique monétaire, mais les prix de l'énergie poussent clairement les banquiers centraux à jouer la carte de la prudence", tempère-t-il toutefois.

Une chose est sûre, la nervosité ambiante n'a pas dû faciliter la tâche de la Réserve fédérale américaine lors de sa réunion stratégique entamée hier, et à l'issue de laquelle le marché n'anticipe aucun changement de taux ce soir.

Au-delà de la décision sur les taux, les investisseurs attendent de la Fed et de son président, Kevin Warsh, des précisions sur ses intentions pour la fin de l'année voire pour le début de l'exercice 2027.

"Les conditions financières se sont durcies, les marchés actions ont vacillé et des tensions sont apparues à la périphérie des marchés du crédit", fait remarquer Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac.

De quoi inciter, selon lui, la Fed à temporiser, sans pour autant adopter un discours nécessairement plus accommodant.

"Le message devrait donc être celui d'une pause, et non d'un changement de cap", pronostique le gérant, qui ajoute que c'est la réunion du mois de décembre qui constituera le véritable test en la matière.

A la fébrilité autour de la trajectoire des taux et de la courbe des rendements se sont ajoutés ces derniers jours un accès de nervosité inattendu et des prises de profits appuyées sur le compartiment technologique.

Une pléthore de résultats à l'horizon

En ce sens, les publications des poids lourds Alphabet et Microsoft, prévues ce soir, puis celles d'Amazon et d'Intel programmées dans la soirée de demain, seront particulièrement scrutées alors que les investisseurs se posent visiblement quelques questions sur les valorisations de l'indice Nasdaq Composite après ses records établis il y a deux semaines encore.

Comme souvent, toute surprise, dans un sens ou dans l'autre, risque de fortement impacter ce dernier.

L'indice à forte pondération technologique a terminé en nette hausse ( 1,3%) mardi soir, porté par une nouvelle vague d'achats dans les semi-conducteurs et des résultats d'entreprises globalement encourageants.

Mais les professionnels préviennent que des épisodes d'aversion au risque marqués, comme celui observé la semaine dernière après les résultats de Meta et l'officialisation de ses besoins de financement importants dans l'IA pour les années à venir, restent encore à envisager.

S'il a cédé plus de 6% ces trois dernières semaines, l'indice Nasdaq Composite reste cependant sur un gain total de 14% depuis le début de l'année.

Enguerrand Artaz, de La Financière de l'Echiquier (LFDE), note les requêtes web sur le risque d'une bulle de l'IA ont atteint un sommet historique ces dernières semaines selon Google Trends, témoignant d'une angoisse grandissante sur la pérennité boursière de la thématique très en vogue jusqu'à présent.

"Plus personne ne doute vraiment du potentiel de l'IA, mais les investisseurs commencent à taper du poing sur la table", explique Andreas Lipkow, chez CMC.

"Ils veulent voir se concrétiser le retour sur investissement des sommes colossales injectées dans les infrastructures. Les résultats publiés cette semaine pourraient enfin leur apporter quelques réponses", estime le stratégiste.

De manière plus générale, la semaine s'annonce comme la plus chargée de la saison des résultats américains avec un total de 179 composantes du S&P 500, dont 10 de l'indice Dow Jones, qui publieront leurs chiffres de troisième trimestre.

En Europe, plusieurs ténors de la trempe de BASF, BNP Paribas, Danone, Dassault Systèmes, GSK, UBS ou encore Unilever ont dévoilé leurs comptes ce matin.

Bref, il demeure probable que les semaines qui viennent seront marquées par une volatilité accrue, d'autant que les élections de mi-mandat américaines qui se tiendront la semaine prochaine pourraient encore accentuer les tensions déjà bien présentes sur les marchés.

D'un point de vue historique, le S&P 500 a cependant souvent progressé dans les mois ayant suivi le suffrage.

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